Six équipes se sont impliquées dans un programme de recherche partagé sur le Bassin parisien :
Anthropologie des techniques, des espaces et des territoires au Pléistocène : resp. Eric Boëda
Archéologie de la Gaule, structures économiques et sociales : resp. Paul van Ossel
Archéologies environnementales : resp. Anne Bridault
Ethnologie préhistorique : resp. Monique Olive
Protohistoire européenne : resp. Laurence Manolakakis, François Giligny, Yves Lanchon
Textes, histoire et Monuments de l’Antiquité au Moyen-Age : resp. Hervé Inglebert
Par ailleurs, le pôle géomatique est sous la responsabilité d’une septième équipe, Archéologie du Monde grec et systèmes d’information : resp. Anne-Marie Guimier-Sorbets.
Ce potentiel de compétences rend possible une étude sur le long terme (du Paléolithique au Moyen Âge … voire à nos jours), de cet espace exceptionnel : un des rares ensembles géographiques dotés d’une unité physique, historique et économique aussi remarquable, ce vaste bassin sédimentaire au centre duquel s’est développée la ville la plus peuplée de France. On s’est beaucoup interrogé sur le processus et la cause de ce phénomène. Selon la thèse traditionnelle, le Bassin parisien était un espace agricole spécialement favorable à l’approvisionnement d’une très grande ville qui, en retour, a renforcé son unité et sa centralisation. Le profond recul que permet l’archéologie nous conduit à suggérer une hypothèse alternative : derrière son unité globale, le Bassin parisien est un espace agricole contrasté, d’ailleurs longtemps partagé en zones culturelles dont la frontière passait à proximité du lieu où s’est développée la ville de Paris. Celle-ci aurait ainsi profité moins de la richesse agricole globale, déclinant de manière auréolaire, du bassin sédimentaire, que de sa diversité environnementale en organisant des complémentarités. Sous l’exemple spécifique de l’urbanisation parisienne, nous traquons, plus généralement, les causes de cette tendance à l’agglomération et, par conséquent à la centralité, qui travaille les sociétés dès l’époque des groupes de chasseurs-collecteurs, contraints à la dispersion, mais probablement enclins à se rassembler dès que possible sur de courte périodes durant lesquelles ils pratiquaient des échanges cérémoniels, arrangeaient des mariages, consolidaient des alliances, arbitraient des conflits. La problématique de la concentration spatiale, dont l’urbanisation hypertrophiée de type parisien n’est de fait que le stade actuel, exige d’ancrer notre démarche dans les périodes les plus anciennes.
Deux axes ont été sélectionnés :
1) l’occupation de l’espace (à différentes échelles) ;
2) la circulation des biens et des idées (matières premières, produits finis, pratiques culturelles et artistiques).
Nous devrions ainsi saisir les relations entre les objets, les structures et les sites ; relations qui révèlent des réseaux sociaux. Nous savons que ces réseaux de natures et d’échelles différentes peuvent être emboîtés hiérarchiquement ou enchevêtrés de façon plus compliquée, avec même des contradictions internes. Quelles que soient les sources, ces rapports d’échelles sont les meilleurs révélateurs de la trame complexe de l’histoire humaine.
Pour mettre en œuvre cette problématique, il convenait de rassembler une grande quantité de bases de données, d’inventaires de sites élaborés depuis de nombreuses années par les chercheurs des équipes aujourd’hui rassemblées dans l’UMR, mais aussi par tous les partenaires qui travaillent selon des questionnements divers sur le Bassin parisien. Nous nous sommes dotés des moyens nécessaires à la collecte et l’uniformisation des inventaires, ainsi qu’à l’analyse spatiale de ces données, dans le cadre d’un pôle géomatique. De la sorte, se constitue un réseau de chercheurs et d’organismes qui éprouvent le besoin de disposer facilement de références comparatives abondantes sur un espace large et un temps long. Il devient ainsi possible de valider la représentativité des résultats de terrains, forcément très locaux et ponctuels.
Au vu de la nature du projet (vaste territoire, diversité des approches, extension chronologique large), il est fondamental de développer les collaborations extérieures avec l’ensemble de la communauté des archéologues, mais aussi des historiens, géographes et environnementalistes.
En terme de réseau, nous cherchons à favoriser les relations avec des chercheurs d’autres organismes. De nombreuses équipes de recherche travaillent en effet sur cette vaste zone géographique. Dans cette optique, sont mises en place des coopérations avec les acteurs implantés sur ce territoire, Services régionaux de l’Archéologie (SRA), INRAP, Collectivités territoriales et laboratoires CNRS.
L’archéologie préventive fournit aujourd’hui une masse de données d’étude jamais égalée, tant en zones urbaines que rurales. En augmentant significativement les corpus de données, elle offre la possibilité d’appliquer sur de très vastes ensembles des méthodes et des programmes novateurs. Nombre de ces programmes émergent de recherches où sont fortement impliqués des membres de l’UMR. Cela va de pair avec la présence importante d’archéologues de l’INRAP, de la Culture et des Collectivités dans nos équipes.


